Branche de pivoine blanche et sécateur, Édouard Manet (détail)
“Manet a beaucoup peint les pivoines, c’est leur forme et le rythme de leurs pétales qui sans doute le touchait. Il y a en effet dans la disposition de cette fleur un ordre-désordre qui évoque un état d’émotion particulier. Elle est avec la rose et peut-être plus qu’elle, la fleur qui évoque le mieux l’état passionnel et son splendide désordre. Mais ce qui sans doute aussi fascinait Manet c’est l’ élégance de cette fleur, l’élégance du désordre.
On peut donc apprécier la musicalité de la touche des pétales des deux pivoines, faite d’un tournoiement de blanc et d’ocre jaune soutenu de gris et enrobé d’un rose très léger. Cette agitation dans les fleurs elle-mêmes donnent une double impression, de beauté certes, mais ainsi couchées à côté de l’instrument qui les a séparé du massif, d’abandon et de désarroi. Derrière cette matière somptueuse et simple il y a comme souvent dans les peintures de fleurs du XIXe siècle la présence évoquée de la féminité ; les fleurs, à la fois carnation, ornement et robe. Dans l’œuvre de Manet cette robe blanche translucide, cette robe au « beau désordre » est souvent présente : dans « la lecture », dans « le balcon », « le repos de Berthe Morisot » jusqu’à la petite fille du « chemin de fer ».”
(via feuille-d-automne)




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